Le reflux gastro-oesophagien (RGO)
Le reflux gastro-oesophagien résulte de la remontée anormale d'une partie du contenu de l'estomac dans l'œsophage (partie du tube digestif qui relie la bouche à l'estomac). C'est une maladie fréquente : environ 1 français sur 10 en souffre au moins une fois par semaine.
Le RGO se traduit principalement par une brûlure diffusant de l'estomac vers le sternum (pyrosis) associée à des régurgitations (remontées alimentaires ou acides) sans effort de vomissement.
Chronique ou trop fréquent (2 à 3 fois par semaine), le RGO peut devenir invalidant.
Le reflux gastro-oesophagien peut avoir un impact majeur sur la qualité de vie et la performance professionnelle du malade, celui-ci dormant souvent mal.
Dans certains cas, il est associé à des lésions de l'œsophage (oesophagite) pouvant évoluer jusqu'à l'endobrachyœsophage (ou œsophage de Barrett) : c'est une lésion précancéreuse qui bénéficie aujourd'hui de techniques endoscopiques de dépistage et de traitements efficaces.
Le traitement au long cours du RGO repose sur deux méthodes :
- Un traitement médicamenteux d'entretien visant à réduire l'acidité de l'estomac.
Les médicaments dits « inhibiteurs de la pompe à protons » (IPP) ont révolutionné la prise en charge du RGO. Ils agissent en bloquant l'enzyme à l'origine de l'acidité gastrique : la pompe à protons. S'ils sont bien tolérés et, en particulier, efficaces sur la douleur (sous réserve d'un traitement d'entretien continu), ces médicaments ne suppriment pas pour autant les régurgitations, dont la correction doit parfois être envisagée au moyen d'une intervention chirurgicale.
- La chirurgie dite « anti-reflux »
Son but est de restaurer une barrière anatomique (valve), à la jonction de l'oesophage et de l'estomac, s'opposant aux remontées acides. Elle est réalisée de façon mini-invasive par voie coelioscopique.
Médicament contre le RGO ou chirurgie anti-reflux : comment se fait le choix du traitement ?
La réponse du professeur Stanislas Bruley des Varannes Chef du Service d'Hépato-gastroentérologie et d'assistance nutritionnelle, IMAD- CHU de Nantes
« La prise en charge du RGO est une parfaite illustration de la notion de médecine personnalisée dont l'objectif est d'adapter le traitement aux spécificités du malade.
Le choix repose avant tout sur l'analyse des symptômes du malade : leur fréquence et leur répercussion sur la qualité de vie du patient. On recherche également, par endoscopie, d'éventuelles lésions au niveau de l'œsophage.
En 2011, les résultats d'une grande étude* - que nous avons menée avec plusieurs centres européens - comparant le traitement du RGO par un médicament de type Inhibiteur de la Pompe à Protons à la chirurgie anti-reflux ont été publiés. Ils ont clairement montré l'efficacité de ces 2 traitements soulignant les progrès accomplis, ces 10 dernières années, dans la prise en charge médicale et chirurgicale du RGO. Cette étude a également permis de préciser les avantages et les inconvénients de chacun des 2 traitements. Ces informations contribuent à nous aider à choisir la stratégie thérapeutique, médicale ou chirurgicale, la plus adaptée au patient. Un patient mieux informé qui devient aussi acteur dans le choix thérapeutique ».
*Etude LOTUS - Galmiche JP et Coll. JAMA. 2011;305(19):1959-1977. » En savoir + sur l'étude LOTUS
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